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École des Mousses

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Histoire

Au début du XXe siècle, la marine est soucieuse de donner aux mousses une meilleure formation théorique. Elle souhaite aussi avoir des équipages permanents dont les mousses seraient le premier échelon.

Une ordonnance du 28 mai 1829 créée 5 compagnies de mousses. Seule celle de Brest perdure. Cette compagnie est successivement basée à bord des bateaux "L'Abondance" (1836), "La Thétys" (1851), "L'Inflexible" (1861). Un décret du 5 juin 1856 crée à Brest une école spécifique réservée aux mousses.

En 1919, l'école prend le nom d'école des apprentis marins et est installé à bord de "L'Armorique" pour les premières années et du "Magellan".

Pendant la guerre, elle est transférée à Toulon puis supprimée. Elle ne retrouve Brest qu'en 1960, dans les bâtiments de l'école navale. Elle sera supprimée à nouveau le 15 juillet 1988 pour renaître en 2009. Cette nouvelle promotion de mousses a été parrainée par le comédien et auteur Bernard Giraudeau.

Une école qui renaît de ses cendres à Brest

Hervé Morin, ministre de la Défense, a approuvé le projet d'ouverture par la Marine nationale d'une école de formation initiale des mousses, au Centre d'instruction naval (CIN) de Brest, en septembre 2009.

C'est par ce communiqué que le ministère de la défense a annoncé le 10 juin 2008 la réouverture de cette école qui était fermée depuis 20 ans.

La nouvelle école des Mousses sera ouverte aussi bien aux filles qu'aux garçons.

Une école entre modernité et tradition

Aujourd'hui pour intégrer l'école des mousses, il faut avoir entre 16 et 18 ans, être de nationalité française et être apte médicalement et physiquement. La nouvelle école des Mousses est ouverte aussi bien aux filles qu'aux garçons. L'objectif pour les élèves est d'obtenir en un an une spécialité opérationnelle dans la Marine. A l'issue de leur année de formation les élèves peuvent signer un contrat de matelot de la flotte de 4 ans et rejoignent alors les unités opérationnelles après une formation complémentaire.

La nouvelle première promotion comprend 150 élèves dont 24 filles.

Autrefois, sous l'Ancien régime, à partir de 12 ans on pouvait être embarqué comme mousses. A partir de 1794, un instituteur était à bord, chargé de leur formation générale. C'est en 1856 qu'est mise en place l'école des Mousses. L'école des Mousses de Brest a longtemps été maintenue sur des navires désarmés en rade abri. A partir de 1945 elle est établie dans des locaux à terre puis au sein de l'école navale (CIN) en 1960 avant sa fermeture en 1988.

Discours de fermeture de l'école des Mousses de Brest en 1988

« Il est peut-être encore chez vous dans vos greniers un très vieux calendrier de teinte bleue; un calendrier où dans un rectangle à liseré rouge qui en balise le pourtour, l'on remarque un Marin en col bleu saluant un Pavillon qui claque au vent sur fond de Cuirassé lancé à pleine vitesse. Dans la partie basse de son envergure une devise se détache "Sois toujours vaillant et loyal". Si jamais ce très vieux calendrier tombe sous vos mains, ne le rejetez pas, même si vous le jugez périmé: c'est un calendrier de l'École des Mousses. Et ce calendrier au gré de ces pages jaunies par le temps, collées peut-être par les embruns de toutes les mers du monde, vous racontera l'histoire peu banale de leur vie de 14 ans avec la rudesse et l'immensité captivante de la mer. Les premières pages du calendrier vous raconteront que presque depuis toujours, il y a eu des Mousses dans notre Marine, qu'il y a toujours eu de cette graine de Matelot apprenant dans les enfléchures ou sur les ponts des navires, à devenir de bons Marins. Leur existence officielle fût reconnue en 1822 lorsqu'une ordonnance en date du 12 novembre organisa le Corps des Équipages de Ligne. Dans leurs rangs, de jeunes garçons âgés de 12 à 14 ans, enfants de Marins ou d'ouvriers de Marine, Pupilles de la Nation aussi, avaient le droit de s'engager pour peu qu'ils furent "vaccinés et sains de corps". Dans leurs compagnies d'instruction et sous la férule d'un Lieutenant de Vaisseau portant rouflaquettes et bicorne, il leur était enseigné, selon cette ordonnance: lecture, écriture, calcul, éducation religieuse, mais aussi l'art du matelotage, l'usage des manœuvres courantes et dormantes, le parcours du gréement et de la mâture, la manœuvre des embarcations et à la belle saison, seulement, la natation. Nul doute alors que très vite, cette remuante "bigaille" devienne de "fins gabiers" habiles dans l'art de tourner une manœuvre, hardis et alertes à grimper dans les enfléchures pour carguer la toile et prendre un ris. Quelques pages plus avant vous verrez avec nostalgie dans le vieux calendrier des dessins anciens et quelques photos un peu floues, celles des navires aux blanches batteries ceinturant leurs coques coltarées, aux vergues immobiles étendant sur le ciel gris leur large croisure. Nous sommes en 1834 et l'École des Mousses est instituée à Brest; elle s'est embarquée pour un siècle sur des vaisseaux aux noms prestigieux gravés dans toutes les mémoires des anciens et de ceux aussi qui ont déjà envergué leur costume de pardon et filé le dernier maillon. Tour à tour pourraient sortir des brumes du Portzic : "L'ABONDANCE", "LA THETIS", "L'INFLEXIBLE", "L'AUSTERLITZ", "LA BRETAGNE", "LA VILLE DE BORDEAUX", "LE FONTENOY", "LE MAGELLAN", ..."L'ARMORIQUE".

Le Capitaine de frégate THEBAULT Commandant "L'INFLEXIBLE", en témoigne dans son rapport du 25 avril 1871: les Mousses embarqués figurent sur les différents rôles de combat et de manœuvre; ils font du quart; on y forme des gabiers d'élite dont il conviendra de perpétuer la tradition. Pour l'heure, les soirs d'hiver, un fanal suspendu aux bastingages des postes à canons permet à l'un d'eux de lire à haute voix aux autres, qui écoutent bouche bée, les récits fantastiques de JULES VERNE.

En 1914, les Mousses sont à bord de "L'ARMORIQUE". Dans le vieux calendrier un Mousse de la promotion 1913, JEAN VILBE raconte la fête de ses 16 ans et le passage de ses examens qu'il avait peaufiné pour choisir une bonne "affectation". En fait le choix des affectations fut rondement mené : avec tous ses camarades et instructeurs, il est affecté à la Première Brigade de Fusiliers Marins. Vous devinez la suite : conduits au front ils ont été lancés dans la campagne des Flandres, puis à Dixmude JEAN VILBE a pu témoigner, lui, de cette aventure, de ces combats dans des conditions inhumaines, de cette guerre de tranchées d'où ses camarades ne sont jamais revenus ; et aujourd'hui, dans les plis de notre drapeau resurgit toute l'émotion des sacrifices consentis résumés dans cette première citation à l'ordre de l'armée, en appui de la première Croix de Guerre : "L'Ecole des Mousses de Brest a formé de nombreux contingents de Marins dont l'esprit de devoir et de sacrifice s'est hautement manifesté, soit à terre, soit à bord au cours de la guerre 1914 - 1918"

Par la suite, de nouveau embarquée sur le groupe "MONTCALM" - "TREMINTIN", l'École des Mousses renoue avec sa destinée à former, comme le souligne le Capitaine de Vaisseau DETROYAT, "des marins jeunes et expérimentés dans l'art de la manœuvre et qui doivent être aussi de bons écrivains". Cependant, les bruits de bottes ennemies se font de nouveau entendre sur notre sol et le 18 juin 1940, alors que les allemands entrent dans Morlaix, les Mousses embarquent sur la patte de l'ancre à bord des Cuirassés "COURBET" et "PARIS" et prennent la mer. Alors, cette fois le bon vieux calendrier vous fera égrener une longue et triste litanie. C'est l'errance pour les jeunes Mousses : 1940, Plymouth au camps d'Aintry, Casablanca puis Safi,1941, Toulon, 1943 les camps de travail, Vals-les-bains pour accueillir ce qui restait de l'état-major, Cahors puis Bordeaux 1944. Les nouveaux sont ballottés de ports en bourgades, en métropole et hors métropole. Les anciens se battent sur terre, sur mers, dans les airs pour que la flamme de la Résistance et de la Liberté soit sans cesse ravivée : et aujourd'hui, épinglée à la hampe de ce Drapeau, cette autre Croix de Guerre témoigne avec cette citation à l'ordre de l'armée de mer, de la vaillance et du courage... "École de haute valeur maritime et militaire, a formé des générations de Marins dont le courage, la discipline et le dévouement ont fait honneur aux traditions de la Marine pendant la guerre 1939 - 1945"

Et le vieux calendrier nous amène maintenant au plein mois d'août 1945; presque au fond du Finistère, entre Penmarch et les Glénans. Penmarch où d'après le dicton, tout est hasard, les Glénans où tout comme Ouessant le marin voit son sang. Entre Penmarch et les Glénans, pas bien loin de Pont-l'Abbé...un village: Loctudy. Là, prés de l'île Garo, enserré par les deux bras d'une rivière se jetant dans l'anse de Bénodet, un château : le château du Dourdy. Après la liberté, le maire de l'endroit, le général DE PENFENTENYO DE KERVEREGUEN, frère de l'amiral, remet ce château à la marine qui charge le Capitaine de Frégate LE COZ de rebâtir en ce lieu, en un mois, une nouvelle école capable de former 600 mousses - les premiers proviendront de l'école des pupilles installée à Bertheaume auxquels s'ajouteront des promotions de 100 Maistranciers. L'officier se met à l'ouvrage. Autour du château réservé à l'administration et aux dortoirs car les mousses y dormiront en hamacs, comme dans les batteries des anciens vaisseaux - fleurissent ces fameuses baraques où s'installent les salles de classes, partiels, réfectoires, lavoir, stand de tir, et le gymnase où s'entraîne l'équipe de baskets qui deviendra championne d'Académie de Bretagne dès 1946.b Les mousses travaillent ardemment. En plus des disciplines scolaires normales, qui remettent "au vent de la bouée", les élèves frais émoulus du Certificat d'Études, il y a toute une instruction militaire et manœuvrière intense, toute aussi intense que la formation sportive. Il en va d'une dramatique urgence, car comme en 1914, comme en 1940, ceux-là aujourd'hui rejoignent en gros bataillons le centre de Sirocco en Algérie avant d'être embarqués vers l'Indochine. Dernier lourd tribut payé à une certaine idée de la France, à la liberté du monde. La hampe du Drapeau s'incline à nouveau pour qu'y soit agrafée une nouvelle Croix de guerre avec la citation suivante : "L'école des Mousses a fourni à la Marine une élite de marins de carrière dont l'esprit de devoir et de sacrifice n'a cessé de se manifester au combat sur les théâtres d'opérations extérieures". La reconnaissance de la valeur et des mérites de l'École des Mousses est alors totale puisqu'elle se voit simultanément décerner la Légion d'Honneur par monsieur MONTEIL, alors Secrétaire d'État à la Marine, ainsi que son actuel Drapeau, l'un des seuls neuf Drapeaux attribués en titre à des unités dans l'ensemble de la Marine. Nous sommes alors le 11 novembre 1958.

Le temps a passé dans la France qui renaît de ses cendres. Notre Marine se dote d'une flotte neuve et moderne avec deux vrais porte-avions. Brest aussi se reconstruit à l'image de son ancienne Ecole Navale qui sous le nom de Groupe ARMORIQUE puis d'actuel Centre d'Instruction Naval voit les Mousses réintégrer leur port de prédilection en ce jour de rentrée du 14 octobre 1960. Et c'est dans cette cour JEAN BART que 14 163 Mousses ont appris comme leurs anciens à être des marins compétents et exemplaires pour que puisse battre haut et clair dans le monde le pavillon de la France, ce pavillon que le Mousse PATENAY, Major de cette ultime promotion va rentrer pour la dernière fois.Car s'il est vrai que la formidable capacité d'adaptation et la ténacité propres à la jeunesse de ces Mousses ont permis jusqu'ici de passer tour à tour de la vergue et du sabord à la bombe et à la cuirasse, puis à la torpille et à la vapeur, il est tout aussi réel que le seul certificat ou brevet d'antan ne suffisent plus pour se préparer à servir la Marine de la télématique et de l'atome. Mutation inexorable que la Marine se devait d'assumer sans renier sa tradition; une tradition qui se voit vivre dans le présent, qui ne doit pas s'étioler aux seuls regrets du passé. Sans amertume ni crainte, vous pouvez transmettre la flamme de votre glorieux passé au premier de vos pairs qui perpétuera votre mémoire dans les rangs de la nouvelle école de Maistrance.

Alors, Adieu Mousses, le vent te pousse. »

Capitaine de Frégate BENOIT.

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