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Marie-André Guyot, directrice du Service historique de la Défense

    Edition N°1.jpg Cet article est extrait du magazine Patrimoines brestois


Brest fut un port de départ des troupes vers le Canada. Les noms des combattants ont été oubliés. Depuis le lancement, en 2006, du projet qui vise à les retrouver, le projet Montcalm, près de 6000 soldats ont été recensés. Mais il reste d'autres zones à explorer.

En quoi consistait le projet Moncalm ?

Dix mille Français ont participé à la guerre de Sept ans en Amérique. Ils sont partis de Brest et de la Rochelle à bord de frégates. Dirigé par le Québécois Marcel Fournier, président de la société généalogique canadienne française de Montréal, le projet Montcalm vise à reconstituer les troupes d'infanterie française, soit 8950 individus (environ 7000 soldats et 2000 officiers), et à en publier les résultats sous forme de dictionnaire biographique. Au final, les noms de 5700 soldats ont été recensés. Ce travail, commencé en 2006, et mené avec des cercles généalogiques, notamment bretons, fut l'occasion de dévoiler une plaque, le 3 octobre dernier à Brest, en l'honneur des troupes françaises parties avec Montcalm1. La veille de cette commémoration à Brest, l'ouvrage de Marcel Fournier était présenté au Service Historique de la Défense, à Paris et donnait lieu à une journée d'étude.

Reste-t-il des pistes à explorer ?

La guerre de Sept ans reste très peu étudiée dans les programmes scolaires et universitaires, bien qu'elle fut l'une des premières guerres mondiales. L'exposition organisée à Brest, au service historique de la Marine au dernier trimestre 2009, a permis d'en savoir plus. Marcel Fournier s'est intéressé aux troupes de l'armée de terre. Il resterait à mener un travail collectif et de longue haleine, pour recenser les marins concernés, parmi lesquels il y a très certainement de nombreux Brestois et Bretons. Ce travail n'exclurait pas d'autres pistes, liées notamment à l'épidémie de typhus qui décima près d'un Brestois sur deux. Je pense à la question des procédures mises en place par les hôpitaux... Les recherches pourraient s'appuyer sur notre fonds, riche entre autres de six mille documents de l'Académie de Marine, mais aussi sur celui des Archives municipales.

• Quelle furent l'étendue et les conséquences de cette épidémie ?

Le typhus, très contagieux, fut importé par l'escadre de Dubois de La Motte qui revenait de Louisbourg en 1757. Très vite, les matelots malades contaminèrent leur entourage, à l'hôpital ou dans leurs foyers. Dix mille personnes décédèrent entre novembre 1757 et mars 1758. Il y eut de nombreuses victimes parmi les religieuses, les médecins, mais aussi les forçats qui dégageaient les cadavres et mouraient par centaines. Les règles d'hygiène étaient à cette époque mal connues. Lors des guerres suivantes la procédure de la quarantaine fut appliquée. C'est à cette fin que furent aménagées les îles de Trébéron et l'île des Morts, en Rade de Brest.

Auteur : Monique Férec

Extrait du Patrimoines Brestois N°9 - Brest et le Québec - Janvier-Février 2010

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